Aides à la rénovation : des pistes pour améliorer des dispositifs jugés toujours aussi complexes
L'Installateur - Publié le 08 avril 2025
Jugés indispensables par les professionnels pour accompagner l’essor de la rénovation énergétique, les dispositifs d’aides financières pêchent cependant par leur complexité. C’est ce qui ressort du deuxième Atelier Artisans organisé par le programme Oscar, créé pour faciliter la compréhension et l’appropriation de ces dispositifs. Des échanges qui ont permis de faire émerger plusieurs pistes d’amélioration.
En photo de gauche à droite : Aristide Belli, pilote du programme Oscar, Arthur Porteilla, chef de projet, Pascal Housset, président de l'UMGCCP-FFB, Jean-Claude Rancurel, président des métiers de la plomberie, couverture et chauffage de la CAPEB lors de la présentation des résultats de l'atelier artisans.
Le programme Oscar, comme « Optimisation et Simplification des CEE pour les Artisans de la Rénovation », a été lancé en 2022 afin d’aider les professionnels à mieux comprendre - et donc mieux utiliser - les dispositifs d’aides à la rénovation, plus spécifiquement les CEE. Pour la deuxième fois depuis son lancement, un atelier a été organisé avec des artisans afin de faire un bilan d’étape et identifier des voies d’amélioration. Lors du premier atelier en 2022, les principaux « irritants » portaient sur la complexité des dispositifs, unanimement montrée du doigt par tous les participants. Trois ans après, qu’en est-il ? Sans grande surprise, la complexité des dispositifs constitue toujours la première difficulté exprimée lors de cet atelier qui s’est tenu en début d’année. Cette complexité ressort à différents niveaux : dans la diversité des aides, dans le vocabulaire utilisé qui ne facilite pas toujours la compréhension, dans les critères d’éligibilité ou encore dans les délais de versement des aides. Autre problème soulevé par les artisans : la difficulté d’accéder à une information fiable et actualisée, due en grande partie à l’instabilité de dispositifs qui évoluent en permanence. Un problème qui pourrait être résolu par la mise en place d’un guichet unique, a-t-il été suggéré. Autres sujets de fâcheries, la charge administrative, ainsi que les procédures redondantes et chronophages, parfois perçues comme dissuasives.
Tous ces freins avaient déjà été exprimés en 2022. De nouveaux sont apparus cette année. Pêle-mêle : l’essor de l’éco-délinquance qui dégrade l’image de la profession, les MAR qui dans certains cas peuvent être juges et partie ou encore l’instabilité des critères d’accessibilité aux aides, qui contribue à complexifier le montage des dossiers.
Simplifier, comment ?
Passé le constat de la complexité des dispositifs, les participants à cet atelier se sont attachés à faire émerger des pistes d’amélioration et de simplification. Par exemple harmoniser les démarches et critères d’éligibilité entre MaPrimeRénov’ et les CEE. Autre piste évoquée : la simplification des contrôles post-travaux. Rappelons-le, un même chantier peut être contrôlé deux, voire trois fois (CEE, MaPrimeRénov’, RGE). L’idée serait de parvenir à un référentiel unique afin qu’un contrôle sur chantier soit valable pour les trois dispositifs. Enfin, un autre point soulevé par les artisans concerne le financement du reste à charge : il s’agirait de renforcer le rôle des banques et des éco-prêts dédiés, avec la possibilité pour les artisans de réaliser des simulations intégrant les aides permettant de présenter plus facilement le reste à charge aux clients.
D’autres pistes ont été suggérées allant dans le sens de la digitalisation des process : par exemple créer un coffre-fort numérique pour chaque logement avec un accès des documents partagé aux différents acteurs, généraliser la signature électronique, développer une application de suivi de chantier intégrant horodatage et géolocalisation des photos et, pourquoi pas, intégrer l’intelligence artificielle dans le processus de traitement des dossiers.
Des pistes d’amélioration émanant du vécu sur le terrain qui, assure Oscar, seront présentées au prochain comité de pilotage du dispositif.

