Face à la crise, la FFB attend le projet de loi de finances au tournant

L'Installateur - Publié le 16 septembre 2026

Réunie le 15 septembre, la FFB a dressé un constat sombre sur l’activité et la santé des entreprises. Face à cette crise qui s’installe, Frédéric Carré veut faire du PLF 2027 celui de la « dernière chance ».

Face à la crise, la FFB attend le projet de loi de finances au tournant

« On pensait avoir touché le fond en 2025, mais le secteur va s’enfoncer encore un peu plus en 2027. » Les mots de Frédéric Carré résument l’ambiance. L’activité devrait encore reculer de 0,3 % cette année et 20 000 emplois pourraient disparaître. Le léger rebond des mises en chantier ne trompe personne, les permis et les ventes baissent déjà.

La crise ne se limite plus au neuf. L’amélioration-entretien, qui représente 60 % de l’activité, décroche depuis sept trimestres. La rénovation énergétique recule même de 4,3 % sur un an. Un contresens pour la Fédération après un nouvel été marqué par les effets du changement climatique.

Stop aux coups de rabot

La FFB place donc la bataille budgétaire au centre de sa rentrée. Elle veut d’abord un véritable PLF pour 2027, et non une loi spéciale qui repousserait une nouvelle fois les décisions. Dans le logement, elle demande de préserver le PTZ, de rendre le dispositif Jeanbrun réellement attractif et de lancer l’Anru III. Elle réclame aussi un assouplissement des règles de crédit immobilier, notamment du taux d’effort limité à 35 %.

Pour les installateurs, le principal combat concerne toutefois la rénovation. La FFB demande le maintien de MaPrimeRénov’, des CEE et du Fonds vert au niveau prévu dans le budget initial de 2026. Derrière cette revendication, la FFB veut faire passer le message que les entreprises et les ménages ne peuvent plus travailler avec des aides modifiées, rabotées, suspendues au gré du vent et des saisons. 

La Fédération souhaite suspendre les étapes 2028 et 2031 de la RE2020, le temps de revoir notamment la prise en compte du confort d’été. Elle estime que l’empilement des exigences renchérit les projets et finit par écarter une partie des ménages du logement neuf. 

Protéger les entreprises

La FFB veut aussi éviter que la crise de l’activité ne devienne une crise des entreprises. Les matériaux repartent à la hausse, les marges se réduisent et les délais de paiement dépassent leur moyenne des 35 dernières années. Dans ce contexte, la facturation électronique sera surveillée de près. La FBB y voit un outil de modernisation, mais redoute qu’une mise en œuvre mal préparée retarde encore les encaissements. Frédéric Carré a demandé au ministre une certaine souplesse lors du premier trimestre.

La réforme actuelle de la REP bâtiment se voit totalement réfutée par la FFB. La Fédération dénonce un dispositif dont la facture passerait de 325 à 600 millions d’euros, sans amélioration suffisante de la reprise des déchets.

À l’approche de la présidentielle, Frédéric Carré promet donc une FFB offensive. Son attente n’a pourtant rien de révolutionnaire, des règles qui durent, des aides qui ne disparaissent pas en cours de route et un environnement qui permette enfin aux entreprises de se projeter.