L'Etat prête de l'argent aux artisans du bâtiment pour faire le plein d'essence
L'Installateur - Publié le 15 mai 2026
À la demande du Premier ministre, le gouvernement a annoncé étendre aux secteurs du bâtiment et des travaux publics l'aide carburant délivrée par Bpifrance.
La flambée des coûts de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient a poussé le gouvernement à renforcer son soutien au secteur du BTP. Depuis mercredi 13 mai 2026, les entreprises du bâtiment peuvent désormais accéder au prêt Flash Carburant de Bpifrance, jusqu’ici réservé aux transports, à l’agriculture et à la pêche.
Cette extension vise en priorité les artisans, TPE et PME particulièrement exposés à la hausse du gazole, du GNR et de certaines matières premières. Le prêt Flash Carburant est donc désormais ouvert aux entreprises du BTP créées depuis plus d’un an, disposant d’au moins douze mois de comptabilité et d’un compte bancaire professionnel consultable par Bpifrance. Le dispositif prévoit des prêts de 5 000 à 50 000 euros, sur 36 mois avec un différé de remboursement du capital de 12 mois. Le taux d’intérêt est fixé à 3,8 %, sans garantie demandée. Le prêt est également accessible dans les territoires ultramarins.
Jusqu'à 50 000 € prêtés pour faire le plein
En parallèle, une aide exceptionnelle sur le gazole non routier (GNR) sera mise en place pour les petites entreprises du bâtiment. Elle prendra la forme d’un soutien de 20 centimes par litre de GNR facturé en mai 2026, dans la limite de 4 000 euros par entreprise. Cette aide ciblera les structures de 20 salariés maximum dont les marchés ne permettent pas de répercuter totalement la hausse des coûts. Les entreprises devront être à jour de leurs obligations fiscales et sociales et ne pas être en procédure collective. Le dépôt des demandes sera possible du 8 juin au 3 juillet via le portail fiscal. Les entreprises devront fournir notamment leurs factures de GNR et une déclaration sur l’honneur.
Autre mesure attendue par la profession, l’Insee a publié le 13 mai les index Travaux Publics révisés intégrant la hausse des hydrocarbures. Ces indices servent de référence dans les clauses de révision de prix de nombreux marchés publics et privés. Ils permettront aux entreprises de mieux justifier leurs demandes d’actualisation tarifaire auprès des donneurs d’ordre.
Le gouvernement a également rappelé aux acheteurs publics la possibilité de renégocier les contrats en cours. Une circulaire du Premier ministre publiée le 24 avril invite l’État, les collectivités et les hôpitaux à examiner favorablement les demandes de revalorisation lorsque l’équilibre économique des marchés est fortement dégradé. Le texte ouvre aussi la voie à des mécanismes de compensation ou à des résiliations amiables si nécessaire.

