Le poêle à granulés, meilleur ami de la PAC air/eau ?

L'Installateur - Publié le 05 mai 2026

Le syndicat des énergies renouvelables prévoit dix millions de logements équipés de chauffage au bois en 2035, chaudières et poêles confondus, soit deux millions de plus qu’aujourd’hui, avec une consommation globale passant de 73 à 60 TWh grâce à l’amélioration des équipements et combustibles.

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Il n’y a pas que l’électrification dans la vie, il y a le bois aussi. Voilà ce que tente de fredonner le syndicat des énergies renouvelables (SER) à l’oreille du gouvernement, à l’heure où les pouvoirs publics ne jurent que par la sainte pompe à chaleur et où les aides à l’installation d’autres équipements se retrouvent compromises. Pour l’Etat, c’est une question de souveraineté énergétique. Argument vite balayé par la filière bois-énergie. « Aujourd’hui, 100 % des bûches et 90 % des granulés sont produits en France, précise Frédéric Coirier, vice-président du SER et PDG de Cheminées Poujoulat. La production de granulés est même devenue un moteur de croissance pour les scieries. » Si les équipements sont quant à eux fabriqués pour un tiers dans l’Hexagone, et dans 95 % des cas sur le sol européen, leur performance est montée en flèche ces dernières années.

Une énergie made in France
« 80 % des appareils commercialisés en France sont labellisés Flamme Verte » précise Marc Labattu, président de la Commission Chauffage au bois domestique du SER et directeur général de Turbo Fonte. Pour rappel, le label créé en 2000, le seul qui existe à ce jour en Europe, assure une qualité des équipements en adéquation avec l’évolution des technologies. « Nous mettons régulièrement à jour les critères d’obtention du label pour garantir notamment une émission de COV et de particules de plus en plus réduite » explique Frédéric Coirier. Et ça fonctionne. Entre 2013 et 2023, le Citepa a relevé une baisse de 47 % des PM2.5. Baisse qui devrait continuer selon le SER, pouvant atteindre jusqu’à 67 % en 2030. « Pour y parvenir, nous travaillons sur l’amélioration des performances en charge partielle » détaille Marc Labattu.

Quand le bois évite le pic de froid
Le SER prévoit d’ailleurs une augmentation de 32 % des logements équipés en chauffage au bois domestique d’ici 2035, passant de huit à plus de dix millions de ménages équipés. « La moitié concernera le remplacement de systèmes de chauffage, l’autre moitié étant des primo-installations de bois » détaille Frédéric Coirier. Des primo-installations qui viennent le plus souvent en complément d’une autre énergie. « La chaudière bois peut trôner seule en maison neuve, mais cela ne concerne qu’une petite partie du marché, confie Marc Labattu. En revanche, de plus en plus de clients demandent à faire installer un poêle à granulés en complément d’une pompe à chaleur air/eau vieille de deux à trois ans. Cela permet d’apporter du confort instantanément sans voir la facture énergétique grimper. » Autre avantage, plus global celui-ci, éviter les tensions sur le réseau électrique. « En 2022, le chauffage au bois de 2,6 millions de logement a permis d’effacer 10 GW en heure de pointe sur le réseau électrique, soit l’équivalent de dix réacteurs nucléaires, détaille Jules Nyssen, président du SER. Nous ne défendons pas une solution contre l’électrique, mais bien une solution complémentaire, qui va amener de la flexibilité énergétique, plus que nécessaire. » Une flexibilité énergétique et financière qui pourrait convaincre les revenus les plus précaires, si toutefois les aides de l’Etat sont maintenues.

Des aides qui partent en fumée ?
Depuis le début de l’année, la chaudière bois ne bénéficie plus d’aide MaPrimeRénov ‘, au grand regret du SER. « Le signal envoyé par les pouvoirs publics est trop ambigu, juge Jules Nyssen. Pourquoi avoir retiré la chaudière, qui est pourtant idéale en remplacement de fioul ou de gaz, mais avoir gardé le poêle ? Il faut une stabilité si on veut que la mue se fasse. » Actuellement, MaPrimeRénov’ permet encore aux ménages modestes une subvention de 1 250€ pour l’installation d’un poêle à granulés, dans la limite d’achat de 5 000 €. A cela peuvent s’ajouter des aides locales, à l’instar du Fonds Air Bois, et l’éco-PTZ, qui évite un reste à charge trop important. « Les fabricants sont là pour accompagner les clients et les installateurs dans le montage de leur dossier » insiste Marc Labattu. Des installateurs toujours enflammés par le bois-énergie. On compte aujourd’hui 6 700 entreprises qualifiées RGE QualiBois ou QualiBAT.