Le Synasav s'électrise lors de son congrès
L'Installateur - Publié le 04 juin 2026
Lors de son congrès annuel à Paris, le syndicat des professionnels de la maintenance a insisté sur son obédience énergétique multiple, même si la pompe à chaleur était dans tous les débats.
« Nous sommes toute énergie, tout système et tout territoire » a déclaré Eric Hernandez, nouveau président du Synasav, en ouverture du congrès national dans le prestigieux Palais Brongniart à Paris. Un message qui se voulait fédérateur au sein des professionnels de maintenance à l’heure où les pouvoirs publics ne jurent que par l’électrification du chauffage, ce qui n’est sans déplaire aux Pacistes. « Les planètes sont alignées, a concédé François Deroche, président de l’Afpac, lors d’une table ronde sur l’avenir du génie climatique. Il n’y a jamais eu un cadre aussi structurant pour les pompes à chaleur en France. » Les ventes sont même reparties à la hausse, à en croire les derniers chiffres Uniclima : +6 % pour les Pac air/eau et +25 % pour les Pac air/air sur le premier trimestre 2026. Sauf que, sur le terrain, cette électrification reste encore à prouver.
Le gaz dans les veines, la Pac dans la tête
Pour Fabrice Magno, à la tête d’Amgaz Eurl dans le Rhône et président du Synasav Auvergne-Rhône-Alpes, la complémentarité des énergies reste nécessaire dans les logements. « Il ne faut pas forcément prôner l’électrification massive et rapide, a insisté le professionnel de chauffage, le discours officiel est un peu trop radical. L’hybridation des systèmes avec du gaz, du fioul ou autre, a encore du sens. » Une chose est sûre, ces techniciens du SAV sont devenus les premiers ambassadeurs de la transition énergétique, des prescripteurs crédibles aux yeux du client et des pouvoirs publics. « Chaque intervention que nous réalisons peut avoir un impact concret sur les émissions de carbone » constate fièrement Eric Hernandez. Mais pour réaliser des interventions, encore faut-il avoir suffisamment de bras.
Former avant d'électrifier
Le recrutement reste encore un véritable frein de croissance pour les installateurs-mainteneurs. « Nous cherchons des techniciens confirmés, mais c’est impossible à trouver, confie Fabrice Magno. Pour répondre à la demande, il va falloir passer de plus en plus par les écoles de reconversion professionnelle. » Des écoles qui vont devoir rapidement gonfler les rangs. Rien que pour atteindre le fameux million de pompes à chaleur vendues annuellement dès 2030, l’Afpac a estimé la formation, l’accompagnement et le recrutement de 41 000 nouvelles compétences techniques en vue de ce déploiement.
Peut-être aussi, l’occasion pour les « gaziers première langue » d’apprendre un nouveau langage, un nouveau métier. « La Pac nous a fait souffrir au début, croyant qu’elle pouvait être installée partout, dans n’importe quelle condition, se rappelle Fabrice Magno, ce qui a donné des contre-références. C’est à éviter absolument. Bien sûr, on passera à la pompe à chaleur, mais faisons-le au cas par cas et avec pragmatisme. » Un pragmatisme d'autant plus essentiel pour l'avenir des techniciens de SAV, selon Eric Hernandez. « Pendant des années, l'objectif principal était d'équiper en système de chauffage. Aujourd'hui, l'enjeu est de faire durer, maintenir, optimiser, piloter, entretenir, garantir les performances réelles » a conclu le président du Synasav. Un discours qui sonne comme une piqûre de rappel au gouvernement pour rendre obligatoire l’entretien annuel des pompes à chaleur. Reste à voir si les ministères auront entendu l’appel des professionnels de maintenance.

