[MaGalèreRénov'] Les artisans de la Capeb expriment leur colère
L'Installateur - Publié le 25 juin 2025
C’est une photo souvenir en forme d’avertissement que les artisans de la Capeb, réunis à Clermont-Ferrand pour les Rencontres des Métiers du Bâtiment, ont envoyé mardi à la ministre du Logement afin d’exprimer leur ras le bol et de montrer leur détermination à ne rien lâcher.
L’invraisemblable épisode MaPrimeRénov’, d’abord suspendu puis restauré pour les monogestes à l’issue d’une âpre bataille, a été vécu par les professionnels du bâtiment comme la goutte qui fait déborder un puits déjà bien rempli de soucis et difficultés en tout genre, dans un contexte économique très perturbé. Ce n’est pourtant que la partie émergée d’un iceberg bien plus gros, a prévenu Jean-Christophe Repon, le président de la Capeb. « On a réussi à sauver le monogeste, mais ce qui se joue à l’heure actuelle, c’est l’accès aux marchés pour les artisans du bâtiment », a-t-il lancé aux artisans réunis sur l’esplanade de la grande Halle d’Auvergne, dénonçant les tentatives de mainmise de grands groupes sur la rénovation énergétique ou encore sur les marchés de l’adaptation des logements au vieillissement. Dernier "irritant" en date, une convention de partenariat aurait été signée entre l'Anah et Leroy Merlin. Le contenu de cette convention n'est pas connu mais le symbole est suffisamment fort pour appeler à la vigilance, préviennent les artisans.
Des sujets qui avancent
Tout n'est pas sombre et des avancées se dessinent. « La ministre (du Logement, ndlr) a entendu nos revendications, nos priorités ont été reprises dans le plan d’action qui a été annoncé », a déclaré Jean-Christophe Repon, prévenant que la Capeb était déterminée à obtenir la concrétisation de ces mesures. Celles-ci concernent notamment l’accès des professionnels non RGE aux marchés de la rénovation par la validation des acquis de l’expérience (VAE), la création d’un parcours de travaux en plusieurs étapes, geste par geste, conduisant à une rénovation globale étalée sur plusieurs années, ou encore la possibilité de se grouper entre artisans de corps de métiers différents via la création d’un groupement momentané d’entreprises (GME). « On joue gros sur l’avenir de l’artisanat, a lancé Jean-Christophe Repon. Il s’agit de conserver la place de l’artisan au cœur du réacteur de la massification des chantiers. »

Légende photo : Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, entouré de Jean-Caude Rancurel, président des plombiers-chauffagistes et couvreurs, et Nathalie Bergère, administrice confédérale.

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