Pourquoi il faut aider le chauffage au bois
L'Installateur - Publié le 05 décembre 2024
Encore un coup dur pour le bois. Alors que la menace d’une nouvelle baisse des aides à la rénovation énergétique planait depuis quelques semaines – après - 30 % en avril dernier – les craintes de la filière se sont confirmées dans la nuit du 4 au 5 décembre : le gouvernement démissionnaire de Michel Barnier a voté dans l'urgence une nouvelle baisse de 30 % à compter du 1er janvier 2025. L’association Propellet entendait pourtant bien monter au créneau pour défendre les aides au chauffage au bois qui subit ce coup de rabot de plus. Elle lutte également contre ce qu’elle considère comme de la désinformation autour des émissions de particules, incriminées notamment par un collectif de médecins.
C’est pour ne pas laisser passer des informations erronées, et pour plaider en faveur du maintien des aides MaPrimeRénov’* au niveau actuel pour les équipements de chauffage au bois, que Eric Vial, délégué général de l’association Propellet, a tenu une conférence de presse ce jeudi 5 décembre. L’enjeu étant important : les aides sont cruciales pour remplacer les 3 millions d’appareils (dont 800 000 foyers ouverts) datant d’avant 2005, que l’Ademe (1) considère comme «peu performants en matière de rendement et d’émissions particulaires.»
Première mise au point : ne pas confondre émissions de particules et concentration de particules dans l’air. La première notion correspond à ce qui sort des appareils : il s’agit d’un calcul, fondé sur des études. D’après ce calcul, le bois énergie serait responsable de 64 % des particules. Un chiffre qu’Eric Vial conteste pour deux raisons. D’une part, le volume d’émission des appareils à granulés a été surestimé, indiquent plusieurs études. De ce fait, le facteur d’émission du granulé va être divisé par deux à partir de 2025. D’autre part, les émissions de particules ne correspondent pas à ce que l’on respire. «Les émissions se déplacent du fait de la météo, elles vont se concentrer, ou pas, du fait de contraintes géographiques, elles vont évoluer, s’oxyder. Ce que l’on respire, c’est la concentration de particules dans l’air. Et c’est cela que les stations de mesure de la QAI contrôlent régulièrement sur tout le territoire français. Un chiffre nous a été communiqué en octobre dernier par le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air : le résidentiel (chauffage au bois domestique principalement) est responsable de 22 % des particules fines dans l'air qu'on respire, en moyenne annuelle. »
Deuxième mise au point : Eric Vial a aussi réagi à la tribune parue dans le journal Le Point le 29 octobre, signée par un collectif de médecins et d’associations. Elle demandait à Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la Transition écologique, de ne plus financer le bois énergie, au minimum dans les zones densément peuplées.
Lire la suite dans le numéro de décembre de L’installateur
* Les nouveaux barèmes de MaPrimeRénov’ pour 2025 ont été publiés.
Les forfaits d’aides pour les équipements de chauffage bois baissent d’environ 30 % (chaudières, poêles, insert).
ans le détail :
Chaudières granulés : barèmes 2025 / 2024
- Ménages très modestes : 5 000 € / 7 000 €
- Ménages modestes : 3 850 € / 5 500 €
- Ménages à revenus intermédiaires : 2 100 € / 3 000 €
Chaudières bûches : barèmes 2025 / 2024
- Ménages très modestes : 3 750 € / 5 500 €
- Ménages modestes : 3 150 € / 4 500 €
- Ménages à revenus intermédiaires : 1 400 € / 2 000 €
Poêle granulés : barèmes 2025 / 2024
- Ménages très modestes : 1 250 € / 1 800 €
- Ménages modestes : 1 000 € / 1 500 €
- Ménages à revenus intermédiaires : 750 € / 1 000 €
Poêle bûches : barèmes 2025 / 2024
- Ménages très modestes : 1 250 € / 1 800 €
- Ménages modestes : 1 000 € / 1 500 €
- Ménages à revenus intermédiaires : 500 € / 700 €
Inserts cheminées : barèmes 2025 / 2024
- Ménages très modestes : 1 250 € / 1 800 €
- Ménages modestes : 750 € / 1 000 €
- Ménages à revenus intermédiaires : 500 € / 600 €

